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Notre Faust J-108

Chloé Larouchi & Elsa Blayau

  • 2014 , 18 minutes
  • Fiction
  • Production : Nolita Cinéma et Affreux, Sales et Méchants
  • Interprétation :
    • Alice Isaaz
    • Audrey Fleurot
    • Lou de Laâge
  • Nouvelles générations
  • Musique originale

// Synopsis

Marina cultive secrètement un amour pour Boris, jeune danseur séduisant. Mais le cœur de Boris est ailleurs. Désespérée, la jeune femme passe un pacte avec une mystérieuse inconnue, précipitant sa destinée.

// Biographie

Chloé Larouchi

Chloé Larouchi étudie la philosophie avant d’intégrer la Fémis en 2006, dans la section scénario.

Elle débute en tant que scénariste sur plusieurs courts métrages, comme J’veux pas de noyau dans ma cerise de Louise Arhex, en 2010 (réalisé dans le cadre de la Fémis) et Bye Bye d’Édouard Deluc en 2011 (un film de la “Collection” de Canal+ interprété par Nathalie Baye), un réalisateur qu’elle retrouve pour un téléfilm unitaire diffusé en 2019 sur Arte : Temps de chien. Elle est aussi actrice dans En attendant Godard de Pierre-Emmanuel Urcun, en 2014, et a plus récemment coécrit L’amour volant d’Antoine Denis, en 2017.

Entre temps, elle a réalisé avec Elsa Blayau son premier court métrage, Notre Faust (2014), inspiré du recueil “Rue des ravissantes” de Boris Vian.

En 2019, Chloé Larouchi est la coscénariste du long métrage Les magnétiques de Vincent Cardona, actuellement en développement.


Elsa Blayau

Elsa Blayau est diplômée de l’École supérieure d’arts graphiques Penninghen, à Paris, en 2007. Elle travaille dans le domaine du cinéma, de la publicité ainsi que dans l’univers du clip.

En 2009, elle réalise son premier court métrage, Une journée quotidienne, qui est notamment primé au Short Film Corner à Cannes la même année, puis Crème brûlée en 2012, dans lequel elle filme une relation père-fille.

La réalisatrice signe ensuite deux adaptations littéraires : Notre Faust (2014) coréalisé avec Chloé Larouchi dans le cadre de la collection “Rue des ravissantes” initiée par Nolita Cinéma autour du recueil de Boris Vian ; puis L’insecte (2016), d’après une nouvelle de Claire Castillon.

Elsa Blayau est également scénariste et a coécrit avec Alexis Rault le long métrage Armorica entre 2015 et 2016, participant également à l’écriture de plusieurs productions de fiction pour la télévision, parmi lesquelles la série Yes I Do, diffusée en 2017 par Studio+ et coréalisée avec Yoann Guillouzouic, qu’elle retrouve sur le projet de film court Des fêtes des pèresPardonnable, impardonnable, en duo avec Valérie Tong Cuong, et Ensemble ou rien, coécrit avec Chloé Larouchi en 2018, l’amènent aussi à travailler pour le petit écran.

Elle participe actuellement à l’écriture du prochain long métrage de Louis Becker, La route du nord.


// La critique

On me dit ce genre d’amour n’est pas viable […] le sujet éprouve la situation amoureuse comme un piège, il se retrouve voué à une destruction totale de lui-même.” Ainsi s’annonce la scène d’ouverture de Notre Faust, une adaptation tirée du recueil de scénarios de Boris Vian Rue des ravissantes, paru en 1957.

Le mythe de Faust, qui a fait l’objet de nombreuses interprétations, est à l’origine un conte populaire allemand dans lequel un homme vend son âme au diable, désespéré par l’aporie à laquelle le condamne son art. Dans cette version moderne, le duo de réalisatrices formé par Elsa Blayau et Chloé Larouchi met en scène un amour insoluble, cultivé par la jeune Marina pour un danseur séduisant qui a le cœur ailleurs. Tournant à l’obsession, le désir de la jeune femme la pousse à passer un pacte, scellé par un baiser, avec une mystérieuse inconnue. L’incarnation du diable se traduit cette fois par un personnage féminin, impertinent et voyeur, interprété par Audrey Fleurot. Son intrusion dans la vie de la protagoniste est amenée de façon insidieuse, inscrite dans son quotidien, avec des apparitions récurrentes lors de ses moments de vulnérabilité et de désespoir. L’agilité des réalisatrices réside dans le traitement du côté fantastique, qui s’immisce par touches dans le film, sans pour autant trahir le réalisme au profit du surnaturel. 

Le film dévoile notamment une scène d’exaltation, dans laquelle Lou de Laâge prend divinement la lumière, avant de basculer vers son destin tragique. Lors de la chorégraphie sur la musique Pretty Face de Ana Zimmer, la protagoniste est comme touchée par la grâce, et danse en parfaite harmonie avec celui qu’elle convoite. La caméra épouse ses mouvements et laisse transparaitre l’aliénation qui la conduit petit à petit vers la démesure et transporte le récit vers une dimension irrationnelle.

Au travers de Notre Faust, les réalisatrices portent avant tout leur regard sur la jeunesse, les relations amoureuses et leurs désillusions. Et les écrits de Vian, antérieurs aux années 1960, traversent les époques et ne cessent de se réinventer. Tantôt adoubé par le monde littéraire, puis tombé dans une certaine en disgrâce, l’écrivain demeure éminemment vivant et son œuvre éternelle.

Léa Drevon

Réalisation et scénario : Elsa Blayau et Chloé Larouchi. Image : Romain Le Bonniec.
Montage : Suzana Pedro. Son : Régis Ramadour, Julie Roué et Matthieu Tibi.
Musique originale : Alexis Rault. Interprétation : Lou de Laâge, Alice Isaaz, Audrey Fleurot et
Salomon Mpondo-Dicka. Production : Nolita Cinéma et Affreux, Sales et Méchants.

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