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Festivals
23/04/2019

Quels courts à la Semaine et à la Quinzaine ?

Ce début de semaine post-week-end pascal a vu la Semaine de la critique et la Quinzaine des réalisateurs communiquer leurs sélections 2019.

Toujours beaucoup de courts et de moyens métrages à la Semaine de la critique (du 15 au 23 mai), dont le détail de la programmation a été dévoilé ce lundi. Dix titres seront en compétition, tout d'abord, dont deux productions intégralement françaises : Journey Through a Body de Camille Degeye (Société Acéphale) et Mardi de 8 à 18 de Cecilia de Arce (Kazak Productions). La première avait été remarquée avec son film Pour tout bagage, on a vingt ans (2015), la seconde grâce à Une sur trois, primé au Festival de Clermont-Ferrand 2016. Seront en lice aussi Lucia en el limbo de Valentina Maurel, coproduction entre Belgique, France et Costa Rica, et She Runs du Chinois Qiu Yang, coproduit par Les Valseurs, et des œuvres venues de Lituanie, du Danemark, du Portugal ou de Roumanie. 

 

 

 

 

 

 

 

Deux séances spéciales montreront également des films de moins d'une heure, parmi lesquels Tenzo, du Japonais Katsuya Tomita, qui frise la limite avec ses 59 minutes. Il sera précédé au sein de ce programme par Invisível Herói (photo de bandeau), de Cristèle Alves Meira, que l'on connaît bien depuis Campo de víboras, déjà présenté dans le cadre de la Semaine, il y a trois ans. 

Du côté des longs à suivre particulièrement se distingue naturellement le premier d'Aude Léa Rapin, Les héros ne meurent jamais, présenté en séance spéciale et dont on complètera la vision par la lecture du focus qui est consacrée à la réalisatrice dans le dernier numéro de notre revue, Bref n°124. Le film, qui promet beaucoup, est interprété par Adèle Haenel et Jonathan Couzinié, fidèle complice de cette cinéaste à l'œuvre dores et déjà très importante. Sélectionné en compétition, J'ai perdu mon corps, de Jérémy Clapin, est aussi le premier long pour l'auteur de Skhizein, en ligne actuellement sur Brefcinema et dont un petit entretien en vidéo est visible sur notre site, mis en boîte alors que le réalisateur mettait justement la touche finale à ce film d'animation lui aussi très attendu.

À la Quinzaine des réalisateurs (15 au 25 mai), une nouvelle équipe a pris les rênes et son délégué général Paolo Moretti a rendu un vibrant hommage au format court lors de la conférence de presse de la 51e édition de la section liée à la SRF, ce mardi 23 avril, replaçant les courts métrages au centre même de la manifestation, un même comité de sélection effectuant les choix pour tous les films, sans différenciation de durées. Parmi les 11 œuvres retenues pour cette “première”, on relève plusieurs “retours du long”, à travers les nouveaux films de Morgan Simon (Plaisir fantôme, produit par Trois brigands), Gabriel Abrantes (Les extraordinaires mésaventures de la jeune fille de pierre, coproduction franco-portugaise, les Films du Bélier étant le partenaire hexagonal) et même, plus surpenant, l'Italien Luca Guadagnino (The Staggering Girl). L'excellente comédienne Ariane Labed présentera sa première réalisation, Olla (France/Royaume-Uni), tandis que l'on retrouvera le nouveau film de la Coréenne Dahee Jeong, Movements,  qui fait suite au double succès de Man on the Chair et The Empty

La Quinzaine 2019 permettra également de découvrir les derniers longs de Nicolas Pariser (Alice et le maire, dont la sortie est prévue en septembre), d'Erwan le Duc (Perdrix – c'est un titre provisoire) et de Blaise Harrison (Les particules). La clôture de l'événement s'effectuera quant à elle sous les auspices de l'Yves de Benoit Forgeard et de son frigo connecté éponyme ! On en reparlera forcément ici...

On ne conclura pas sans évoquer la sélection de l'Acid, qui ne comprend pas de courts, rappelons-le, mais qui nous donne des nouvelles d'Alain Raoust, figure de cette “génération courts” dorée des années 1990, dont le troisième long métrage, Des rêves de jeunesse, sera présenté en première mondiale. On verra aussi là Take Me Somewhere Nice, de l'excellente réalisatrice néerlandaise d'origine bosnienne Ena Sendijarević, remarquée par le biais de plusieurs courts, Import en tête, qui avait précisément été vu à Cannes, dans le cadre de la Quinzaine, en 2016.

On n'oubliera pas de guetter, pour qui ne pourra pas descendre sur la Croisette, des différentes reprises de ces sections parallèles aux propositions toujours alléchantes. 

Christophe Chauville

 

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