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Festivals
12/02/2019

“Moi, maman, ma mère et moi” : retour aux sources

Produit et distribué par Takami Productions, le premier long métrage de Christophe Le Masne, un réalisateur que nous suivons de près depuis bientôt deux décennies, arrive dans les cinémas cette semaine.

S’il faut tirer un fil reliant les courts métrages de Christophe Le Masne à ce premier long attendu de longue date, ce serait évidemment à travers un personnage principal se prénommant à nouveau Benoît (que le cinéaste interprétait dans ses deux premiers films avant de passer le relais à Marc Citti dans Et alors). Tel le François Pignon/Perrin de Francis Veber (jamais tout à fait le même, jamais tout à fait un autre), ce Benoît apparut d’abord, selon des modalités très différentes, dans deux courts métrages ayant accédé au rang de petits classiques.

Impertinent et chahuté dans Les inévitables, tendre et amoureux dans Naturellement, Le Masne acteur imposait alors, sans forcer, une véritable présence comique entre maladresse et embarras, tandis que Le Masne dialoguiste faisait fleurir les répliques hilarantes offertes à une troupe en pleine constitution.

Le long, pourtant, ne vint pas. Pas tout de suite.

Une quinzaine d’années plus tard, on imagine aisément – si le temps n’avait couru si vite et si les aléas de la vie ne s’en étaient mêlés – que ce nouveau Benoît aurait pu être encore interprété par Le Masne lui-même. La lourde charge de Grégory Montel est donc de l’incarner à sa manière, dans un espace resserré (une demeure familiale renvoyant aux maisons des Inévitables et de Naturellement) et avec des complices de jeu inédits (Alex Moreu, seul, faisant le lien avec les courts métrages Annie de Francia et Sexy Dream, les plus récents du cinéaste).

Cette fois, on rit moins, le ton est à la comédie douce-amère, où les secrets familiaux et les petites névroses ont remplacé la pure comédie de situations, l’insouciance des lendemains de fête (Les inévitables) ou des vacances au soleil (Naturellement).

Si, en surface, Le Masne n’avait, depuis, jamais été aussi proche de ces deux premiers films, c’est probablement l’abandon temporaire de son personnage fétiche depuis 2006 et surtout le détour par l’émouvant road movie au féminin que constituait Annie de Francia, qui l’ont peut-être autorisé à retrouver Benoît et à revenir sur un terrain narratif si familier pour le spectateur (une énième histoire de retrouvailles familiales). De quoi déjà se demander, après ce retour aux bases nécessaire mais un rien à contretemps, de quel chemin de traverses pourrait être fait un deuxième long métrage que l’on appelle au plus vite de nos vœux.

Stéphane Kahn


Filmographie courts métrages de Christophe Le Masne
Les inévitables (2000, 22 min)
Naturellement (2001, 28 min)
Et alors (2006, 26 min)
Annie de Francia (2008, 32 min)
Sexy Dream (2013, 28 min)

 

Voir aussi le site de Takami Productions, ici.