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Herculanum J-175

Arthur Cahn

  • 2016 , 21 minutes
  • Fiction
  • Production : Méroé Films
  • Public : Réservé à un public averti
  • Interprétation :
    • Arthur Cahn
    • Jérémie ElkaÏm
  • Comédies
  • Nouvelles générations
  • Musique originale

// Synopsis

Trois rendez-vous. Deux hommes. Un volcan qui gronde.

// Biographie

Arthur Cahn

Arthur Cahn, né en 1984, suit des études de lettres puis de cinéma à la Fémis. En 2012, il réalise un premier court métrage sur le thème du deuil, Les ravissements, porté entre autres par Niels Schneider. Trois ans plus tard s’en suit Au loin les dinosaures, une fiction sur l’adolescence sélectionnée au Festival de Clermont-Ferrand en 2016.

Le réalisateur est à nouveau présent en Auvergne l’année suivante avec la romance masculine Herculanum, dans laquelle il joue aux côtés de Jérémie Elkaïm.

En 2018, Arthur Cahn publie, aux Éditions du Seuil, un roman d’apprentissage, Les vacances du petit Renard, qui reçoit le Prix du roman gay la même année.

Il prépare actuellement son premier long métrage, pour lequel il retrouvera Jérémie Elkaïm.


// La critique

Variation minimale sur l’amour contemporain, Herculanum narre la rencontre entre deux hommes à travers trois de leurs rendez-vous. Le premier a lieu dans l’appartement parisien de Marc (Jérémie Elkaïm), où Léo (Arthur Cahn) monte d’un pas maladroit. Les plans, majoritairement fixes et longs, permettent alors de distinguer la gêne du premier et l’assurance du second. Une différence se fait d’emblée sentir entre les personnages, qu’opposent la ligne verticale d’une fenêtre avant qu’ils ne la franchissent pour s’embrasser. Sans transition, le film les montre ensuite en plein ébat, dans un très beau mélange de pudeur et de crudité. Si la scène s’achève par des rires complices, Léo tombe pourtant des nues en apprenant que son partenaire est en couple. C’est qu’à l’ère d’internet, où les personnages se sont rencontrés, l’amour est souvent synonyme de désillusion.

Léo rend à Marc la monnaie de sa pièce lors d’un second rendez-vous, chez lui cette fois-ci, où il lui propose de boire un Coca avant d’avouer qu’il n’en a pas. Son appartement, plus moderne et situé en banlieue, confirme le décalage entre les deux amants que différencie également leur rapport au temps : tandis que Marc se précipite sur lui, Léo semble en effet plus patient. On comprend aussi que ce dernier a plutôt l’habitude de se faire rejeter quand son amant, lui, consomme l’amour comme un dessert chez McDonald’s. Comparé avec humour à un macaron Ladurée, Léo semble pourtant faire figure d’exception.

Le troisième rendez-vous témoigne d’une intimité nouvelle dans leur relation : il se déroule la nuit, moment propice à la confession, où les personnages apprennent lentement à se connaître. Si leurs voix résonnent d’abord sur un écran complètement noir, des formes apparaissent pourtant peu à peu à l’écran, comme s’ils s’habituaient à l’obscurité en même temps que l’un à l’autre. La possibilité d’une relation durable est en outre introduite par leur discussion à propos d’Herculanum, site antique situé près de Pompéi, qui apparaît comme la métaphore d’un amour éternel, gravé dans la roche. En les voyant s’endormir enlacés, à la manière des amants ensevelis dans la ville italienne, on les imagine alors ensemble pour l’éternité.

Chloé Cavillier

Réalisation, scénario et montage : Arthur Cahn. Image : Benjamin Rufi.
Son : Colin Favre-Bulle et Paul Jousselin. Musique originale : François Régis.
Interprétation : Arthur Cahn et Jérémie Elkaïm. Production : Méroé Films.

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