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Pacotille J-175

Éric Jameux

  • 2003 , 11 minutes
  • Fiction
  • Production : Lazennec Tout Court
  • Interprétation :
    • Christophe Giordano
    • Sophie Quinton
  • Courts d'aujourd'hui
  • Musique originale
  • Spécial comédie
  • C'est la Saint-Valentin !

// Synopsis

Thierry propose à Karine de monter dans sa voiture garée sur un parking. Le couple est en froid. En guise de réconciliation, Thierry offre à sa petite amie un pendentif sur lequel est gravée une sentence amoureuse… Contre toute attente, Karine interprète cette phrase de façon négative. La réconciliation se transforme peu à peu en malentendu puis en dispute.

// Biographie

Éric Jameux

Né en 1969 à Marseille, Éric Jameux est diplômé de l’École des Beaux-Arts de Saint-Étienne.

De 1986 à 1993, il travaille en tant que scénariste et dessinateur de bandes dessinées à Grenoble, puis comme réalisateur et graphiste dans une agence de communication lyonnaise jusqu’en 1997.

Dès 1993, il réalisait son premier court métrage d’animation, La maison est une jungle, dans le cadre d’une exposition se déroulant à la Villette. Durant les années qui suivent, il signe plusieurs autres courts, dont Raoul le nettoyeur (1995) et Bienvenue à Cyberland (1996).

En 2000, Faux contact est sélectionné à la Semaine de la critique du Festival de Cannes et reçoit le Lutin du meilleur scénario l’année suivante. Il est notamment interprété par Sylvie Testud.

Deux ans plus tard, Éric Jameux signe Pacotille, une comédie rock désormais culte qui remporte le Grand prix du jury au Festival du court métrage d’humour de Meudon en 2003. Son dernier court en date est L’Homme, sélectionné l’année suivante au Festival de Clermont-Ferrand.


// La critique

Un distributeur de balles en caoutchouc renfermant des petites surprises. L’appareil s’allume, bim. Une bille tourne, clac.  Elle tombe, boum.
C’est parti.
Une batterie et une basse donnent le tempo, tandis qu’un camion sert de la junk food à de jeunes gens au bord d’un quai. Cigarettes, couleurs flashy, cuirs et cheveux courts : ça va être rock’n roll. “J’ai ! … J’aime regarder les filles qui marchent sur la plage… sur leur peau le soleil, caresse bien trop sage.” La voix de Patrick Coutin donne le ton de ce court métrage déjà bien parti. Un bolide jaune arrive à toute berzingue, attirant l’attention d’une jeune femme, visiblement irritée de sa présence. Elle s’avance d’un pas décidé et marqué par la musique, pour demander sans détour au chauffeur de retourner d’où il vient. Toutefois, la promesse d’une surprise… et elle se laisse convaincre de monter dans la voiture de celui qu’on devine être son (futur ex ?) copain. Ils se retrouvent face caméra, côte à côte par la force des choses, encadrés tous deux par le pare-brise, lui-même enserré par le plan qui se rapproche, comme intrigué par cette situation qui risque de ne pas manquer d’éclat.

Dans un si petit habitacle, la tension ne peut en effet qu’augmenter. Et si elle peut être bénéfique lorsqu’on est sur la banquette arrière, au drive-in dans un film américain, elle peut vite envenimer les choses à l’avant dans un court métrage de comédie française. Le levier de vitesse est clairement de trop et sépare les corps si on n’y met pas un peu de bonne volonté. Et de la bonne volonté, Karine est loin d’en avoir. La faute au slow un peu trop collé serré entre Thierry et “l’autre grosse pouf de la semaine dernière”. On démarre donc sur les chapeaux de roue. Heureusement, Thierry a pensé à ramener un petit cadeau pour se faire pardonner. Un pendentif en forme de cœur sur lequel il a soi-disant fait graver “plus qu’hier, moins que demain”. Bien mal lui en a pris ! La formule n’est pas claire et donne lieu à une série de quiproquos plus drôles les uns que les autres. La malheureuse Karine ne comprend pas que Thierry puisse “l’aimer moins”. Le gag, qui pourrait devenir répétitif, ne lasse jamais, car le scénario regorge de trouvailles pour renouveler la situation. La séquence, très découpée alors que nous sommes en huis clos, dynamise le montage et accentue l’effet comique. Les répliques fusent du côté de Karine, face à un Thierry qui a de plus en plus de mal à contenir son exaspération. C’est finalement l’autoradio qui en prendra pour son grade. Quelle idée de passer une musique langoureuse (par ailleurs, composée pour l’occasion par le réalisateur et Quentin Ogieux, qui ont donc su créer le décalage adéquat entre le son et la situation).

Le début ne nous avait pas trompé, ce court métrage se révèle bien rock’n roll, mais de façon détournée et humoristique, un régal pour aller à contre-courant des clichés qui ne manquent pas de s’abattre pour la Saint-Valentin…

Anne-Capucine Blot

Réalisation et scénario : Éric Jameux. Image : Fabien Benzaquen. Montage : Serge Turquier. 
Son : Jérôme Aghion et Mélissa Petitjean. Musique originale : Quentin Ogier et Éric Jameux. 
Interprétation : Sophie Quinton et Christophe Giordano. Production : Lazennec Tout Court. 

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