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Nos soirées
06/10/2019

Une carte blanche à “Bref” sur le Festival de Nice

Suite des événements liés aux 30 ans de “Bref”, avec une séance prochainement organisée à Nice sur l'invitation de l'équipe d'“Un festival, c'est trop court !”.

Tout d'abord, Jean Vigo tourna là-bas, non loin de la promenade des Anglais, l'un de ses fameux courts métrages : À propos de Nice. Ensuite, nous avions à cœur de rendre hommage à notre collaboratrice et amie Luce Vigo, fille du cinéaste, disparue en 2017... Alors, nous avons répondu à l'aimable proposition des organisateurs du Festival européen du film court de Nice (du 11 au 18 octobre) de fêter en leur compagnie nos 30 ans, en imaginant une séance autour de ceux qui pourraient, dans le paysage actuel du jeune cinéma français, apparaître comme de possibles “petits-enfants” de Vigo. Des personnalités qui s'affirmeraient aujourd’hui, auteurs aussi talentueux, insolents, débrouillards, insoumis et poètes dans l’âme que l’auteur de Zéro de conduite et L’Atalante, ce fils d’anarchiste au destin d'étoile filante. 

 

 

 

 

 

 

 

On verra donc dans cette optique un programme de 5 courts métrages, qui sera présenté par Fabrice Marquat, programmateur à L'Agence du court métrage et collaborateur régulier de la revue, le mercredi 16 octobre à 20h à l'Auditorium du Mamac. En ouverture, on retrouvera Le naufragé de Guillaume Brac (2009, 24 minutes), soit un cinéaste qui aime filmer le vélo autant que Vigo la natation (voir son Taris...) et qui obtint logiquement le Prix portant le nom de ce dernier, en 2018, pour un autre de ses courts : L'amie du dimanche. Suivront Molii de Mourad Boudaoud, Carine May, Hakim Zouhani et Yassine Qnia (2013, 14 minutes, photo de bandeau), avec leurs adorables garnements qui ne sont pas sans évoquer, en reflet, ceux de Zéro de conduite, et Les barbares de Jean-Gabriel Périot (2010, 5 minutes, photo ci-dessus à gauche) – Périot le Niçois, Périot l'anar, Périot le rebelle, qui sera sans doute présent...

Aussi attentif à ne jamais, surtout, se laisser rattraper par la triste norme, l'iconoclastissime Benoit Forgeard, qui sera par ailleurs au jury du festival, présentera l'un de ses premiers courts, La course nue (2005, 20 minutes), tandis que le programme s'achèvera avec Le film de l’été d’Emmanuel Marre (2017, 30 minutes, photo ci-dessus à droite), buissonnière échappée elle aussi saluée par le Vigo du court métrage – c'était il y a deux ans. Avec un comédien aussi démiurge que dément, le Wallon Jean-Benoît Ugeux, qui pourrait de son côté jeter un pont de plus, pourquoi pas, comme un lointain héritier du Michel Simon de L'Atalante...

Christophe Chauville

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- Les Prix Jean-Vigo 2019.