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News
24/05/2020

João Nicolau en court et en long

“Technoboss”, le dernier long métrage de João Nicolau, remarqué à Locarno l'an dernier, sort en VOD le 27 mai, via Shellac. On peut encore voir en parallèle son fameux court “Gambozinos” sur notre plateforme pendant trois semaines.

À l'origine, une première date de sortie française avait été envisagée à la fin de 2019 et nous nous étions précipités pour programmer enfin sur Brefcinema Gambozinos, ce court métrage qui porta un temps le titre français de Dahus et que nous avions depuis longtemps l'envie de partager à l'attention de nos abonnés. Mais une nouvelle date a alors été, un peu au dernier moment, fixée au printemps et les événements imprévus que l'on sait ont conduit le distributeur Shellac à prendre la décision de lancer au bout du compte Technoboss, de João Nicolau, en VOD à partir du 27 mai.

Le réalisateur, qui est l'un des représentants de cette si active nouvelle génération du cinéma portugais – un peu dissipée, parfois excentrique –, renoue avec cet humour à froid le caractérisant et le rapprochant souvent d'un Aki Kaurismäki, version lusitanienne. Son héros est un VRP proche de la retraite et passablement déboussolé par cette perspective, qui doit accepter d'être remplacé et relégué à un rang annexe, ce qui est cruel, tout en voyant resurgir de vieux désirs enfouis en recroisant par hasard une femme qu'il a connue et si mal su aimer par le passé…

La singularité du traitement choisi par le facétieux Nicolau est de faire de l'aventure une comédie musicale avec moult passages chantés, de la romance fredonnée à des morceaux de tonalité plus techno, sinon hardcore. Le résultat est plutôt drolatique, dans les pas d'un interprète encore jamais vu, Miguel Lobo Antunes, qui crève littéralement l'écran. Cette drôlerie, ainsi que la tentation de l'expression par la musique, le rap en l'occurrence, apparaissaient déjà au fil de Gambozinos et ses protagonistes adolescents, dont le dénommé Luís Rovisco, dans Technoboss, n'est finalement pas si éloigné, au-delà de l'écart des décennies, dans ses réactions et ses aspirations…

Christophe Chauville

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