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13/04/2019

Focus sur Želimir Žilnik et la Black Wave à Beaubourg

Un cycle exceptionnel vient de débuter au Centre Pompidou, jusqu'au 12 mai, qui met en lumière Želimir Žilnik, l'un des représentants majeurs de la “Black Wave” yougoslave, encore méconnu en France.

Parmi les cinémas contestataires ayant émergé dans les pays de l'Est à la fin des années 1960, la Black Wave yougoslave n'est pas la mieux balisée en France – en regard de la Nouvelle vague tchèque par exemple – et en son sein, certains noms, tels ceux de Dušan Makavejev ou même Živojin Pavlović (dont certains films sont disponibles en DVD, chez Malavida en l'occurence), semblent un peu plus familiers des cinéphiles que celui de Želimir Žilnik. Pourtant, celui-ci occupe une place cruciale dans le mouvement, parfois qualifié de punk et situé entre Godard et Fassbinder. Il a d'ailleurs décroché l'Ours d'or à Berlin en 1969 dès son premier long métrage, Travaux précoces (photo ci-contre), une critique du régime de Tito conçue dans la foulée des manifestations étudiantes ayant eu lieu à l’Est l'année précédente. Le film a toujours de fervents admirateurs, comme le cinéaste Jean-Gabriel Périot, familier des lecteurs de Bref

La rétrospective que consacre à Žilnik, en sa présence, le Centre Pompidou, avec notamment une masterclass le 14 avril, apparaît unique, présentant une quasi-intégrale de son œuvre, qui comporte de nombreux courts métrages, documentaires pour la plupart. Le premier, en 1967, intitulé en VF Journal de jeunes villageois en hiver, dressait le portrait d'une jeunesse s’ennuyant et aspirant à davantage de liberté. Les petits pionniers (photo de bandeau), l'année suivante, suivait des enfants des rues, oubliés du régime. Et la question des sans-abris a inspiré également Black Film, en 1971, provoquant des réactions et le départ du cinéaste vers l'Allemagne de l'Ouest jusqu'à la fin de la décennie. en 1994, Tito Among the Serbs for the Second Time était tourné à Belgrade en pleine guerre en ex-Yougoslavie, aboutissant à l'explosion du pays.

Le cycle proposera aussi de voir le dernier film en date de ce réalisateur aujourd'hui septuagénaire (il est né en 1942 à Niš, dans un camp de concentration nazi...), The Most Beautiful Country in the World (photo ci-contre), un long métrage de 2018. D'autres films emblématiques de la Black Wave l'accompagneront, comme J’ai même rencontré des Tziganes heureux d'Aleksandar Petrović ou Quand je serai mort et livide de Živojin Pavlović. 

Christophe Chauville

 

Rétrospective intégrale des films de Želimir Žilnik, du 12 avril au 12 mai au Cinéma du Centre Pompidou.