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05/03/2019

Collection “En sortant de l'école” consacrée à Jean Tardieu

À la suite des illustres Prévert, Desnos, Apollinaire, Éluard et Roy, c’est le musical Jean Tardieu qui a cette année chatouillé l’imaginaire des jeunes talents de l’animation contemporaine dans le cadre de la collection “En sortant de l’école”, coproduite par Tant Mieux Prod et France Télévisions et diffusée dans le cadre du Printemps des Poètes.

Accueillis par L'Incroyable Studio, à Nantes, quelques réalisateurs fraîchement diplômés des écoles d’animation françaises ont été invités à explorer leur sensibilité au travers d’un projet d’envergure professionnelle, alliant exigences d’un cahier des charges strict (impossible, par exemple, d’intervenir dans la structure d’un poème) et ouverture aux expérimentations tant formelles que narratives parant chaque œuvre d’autant de nouvelles facettes. Chaque court métrage adapte ainsi un poème de l’artiste, soigneusement choisi ; c’est alors un joli dialogue qui se tisse entre deux arts au lexique pas si éloigné, révélant par leur échange l’attrait du rythme, des images et des sonorités, s’éveillant à la matière comme à la lumière, communs et précieux à chacun d’eux. Treize courts métrages éclosent ainsi chaque année au printemps, revisitant par un nouvel usage des sens la fine fleur de la poésie ; et cette fois encore, la rencontre est fertile.

        
19, rue de Nevers de Iulia Voitova

Il est vrai qu’avec ses poésies tout en sonorités et en suggestions, l’œuvre de Jean Tardieu était tout à la fois une évidence et un défi de taille propre à enrichir la collection. Et si, d’horizon moins narratif et d’abords peut-être plus énigmatiques que celles de ses prédécesseurs, elle a, dans un premier temps, pu dérouter les jeunes créateurs, leurs propositions ne s’en avèrent que plus réjouissantes.

                           
                                                             Nature d'Isis Leterrier                                              Ce qui va et vient de Lingxi Zhang et Jihua Zhu

Revenant à la racine des émotions suscitées par les mots du poète, chaque film est l’occasion d’une plongée enivrante à la croisée du fond et de la forme, aussi sensitive qu’intuitive. Le public y trouve alors source inépuisable d’émerveillement ; les enfants peuvent se laisser guider par les images et les sons qui les emportent au cœur de l’imaginaire poétique, lorsque les adultes, sans rien perdre de cette joie simple et première, apprécieront la créativité des échos et la variété des techniques, cette année encore nombreuses. Le 19, rue de Nevers se visite ainsi par exemple teinté du charme suranné des lettres préexistantes utilisées par Iulia Voitova pour lui donner vie en papier découpé, tandis que La nature s’éveille parée de la grâce végétale du stop motion poétique d’Isis Leterrier ; Ce qui va et vient, réalisé par les complémentaires Lingxi Zhang et Jihua Zhu, impressionne, quant à lui, par la luminosité et la plasticité stylistique remarquable de son animation toute en aquarelle ; trois courts métrages à découvrir parmi dix autres – tout aussi singuliers et inspirants – durant le Printemps des Poètes (dès le 16 mars sur la plateforme Ludo, le 24 mars à la Maison de la Poésie à Paris, en avril sur France 3 et France 4) .

Quant aux courts des saisons précédentes, il est encore possible de les apprécier lors du ciné-concert organisé dimanche 10 mars 2019 à la Cinémathèque française : seize d’entre eux seront en effet projetés tandis que textes et musiques seront interprétés en direct. Cinématographique printemps des poètes !

Claire Hamon

Photo d'ouverture :  Les préfixes d'Alix Boiron-Albrespy