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Livres et revues
01/03/2018

Les mots de Simon

La comédienne et réalisatrice Jocelyne Desverchère vient de publier son deuxième roman.

On avait écrit il y a un an et demi comme le premier roman de la comédienne Jocelyne Desverchère, Première à éclairer la nuit, nous avait plu. Oscillant entre réminiscences modianesques et personnage truffaldien, il amorçait semble-t-il la mue d’une actrice devenue plus rare sur les écrans.

La parution début février de son deuxième roman, Simon, chez P.O.L., vient peut-être le confirmer et on ne peut finalement que s’en réjouir tant s’affirme ici encore un peu plus une personnalité de romancière.

Assez différent du premier (ce qui, en soi, est une heureuse surprise), Simon séduit tout autant, se portant cette fois à hauteur d’un enfant de six ans pour tisser le récit elliptique d’un drame familial, d’un déracinement et d’un apaisement illusoire. Le style est bref, tranchant. Cruel parfois. Plein d’empathie souvent. Jamais mièvre en tout cas.

Incidemment, ce court roman fait résonner, dans certains passages et motifs (la campagne, la chasse), l’écho du deuxième court métrage qu’avait réalisé l’auteure, Un petit d’homme, en 2013 (photo de bandeau). Signe, espérons-le aussi, que cette romancière talentueuse n’en a pas fini avec le cinéma ?

Stéphane Kahn

 

Simon de Jocelyne Desverchère, Éditions P.O.L., 128 pages, 9 euros.
Paru en février 2018.