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Livres et revues
06/03/2017

D’un Z qui veut dire Zabat

Une exposition au Musée d’art contemporain de Lyon qui suit une publication monographique d’une aussi singulière facture que son œuvre, voilà une double bonne occasion de s’intéresser à un artiste discret, habitué des festivals aussi exigeants que le FID, Oberhausen, Rotterdam, Belfort et Locarno : Olivier Zabat.

Olivier Zabat, images et documents, paru en fin d'année dernière, réunit en 240 pages de nombreuses images de l’œuvre de ce photographe, vidéaste et plasticien formé aux Beaux-Arts de Grenoble au début des années 1990 et injustement trop peu connu du public, même cinéphile. Une quantité volontairement réduite de textes accompagne ette riche iconographie, sinon des extraits de propos issus de certains films, un texte critique signé de Jean-Philippe Tessé dans les Cahiers du cinéma au moment de la sortie du court long métrage 1/3 des yeux en 2005 (nous en avions aussi parlé alors dans Bref n°69) et une conversation du cinéaste avec Marie-Pierre Duhamel-Müller à l’époque de son film Yves, en 2007.

On retrace ainsi cet itinéraire filmique singulier commencé avec Zona Oeste, tourné au Brésil en 1999, jusqu’aux plus récents Fading (2010) ou Silent Minutes (2013, photo). La succession des photos, publiées en pleines doubles pages, compose un voyage assez fascinant, même si la pliure centrale est parfois gênante sur le petit format choisi (du 20 x 18,5 cm, type poche) et suscite incontestablement l’envie de se replonger dans cette œuvre filmique cohérente et forte, qui envisageait dans sa première période le documentaire de façon toute personnelle, sur le principe d’un regard kaléidoscopique. Ainsi, dans Zona Oeste, la violence débridée des métropoles sud-américaines était envisagée en miroir, que ce soit au cœur d’un gang ou en compagnie des membres d’une milice paramilitaire.

Depuis, Olivier Zabat a beaucoup tourné, conquis d’autres festivals (Venise, Buenos Aires, Rome), participé à de nombreuses expositions, collectives ou individuelles, travaillé sur nombre d’installations et performances... Son dernier projet en date, Percepts, est à l’origine de l’exposition/résidence qui lui est consacrée à partir du 8 mars (et ce, jusqu’au 9 juillet) au MAC de Lyon. Une rétrospective lui étant consacrée investira naturellement dans le même temps l’auditorium du musée.

Christophe Chauville

 

 

 

Olivier Zabat, images et documents, éditions Adéra, 240 pages, 15 euros.
Paru en novembre 2016.