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Festivals
01/06/2019

Seytou Africa : le documentaire africain mis à l'honneur

Sur trois jours, du 6 au 9 juin 2019, le festival Seytou Africa investit le cinéma Reflet Médicis à Paris pour offrir une programmation rare dédiée aux documentaires africains.

Le festival Seytou Africa met en lumière la création documentaire africaine. Ces trois jours de programmation, répartis entre courts, moyens et longs métrages, permettent de donner une visibilité à ce champ trop peu représenté dans nos salles. “Seytou Africa” signifie, en wolof, “regards d'Afrique”. Un regard qui cherche à croiser celui des filmeurs, des filmés et des spectateurs afin d'aiguiser une réflexion, de permettre des rencontres et des échanges.

La programmation est composée à la fois de films réalisés par de jeunes cinéastes émergents, mais également de films de patrimoine. Les documentaires témoignent ainsi d'une actualité vivace, mais aussi une histoire riche, composée de figures pionnières et incontournables. Ils s'ouvrent sur un hommage au réalisateur sénégalais qui a dédié sa vie au documentaire, Samba Félix Ndiaye, dont le programme reprend les mots : “En fait, ce que j'aime par dessus tout dans le documentaire, c'est la rencontre”. Le festival a été pensé dans cette perspective, dont nous ne dévoilerons ici qu'un volet, la séance de courts métrages “Trafic”, qui dévoile la vie quotidienne des habitants, d'Abidjan à Ouagadougou, et l'art de savoir vivre en ville, entre klaxons et coups de sifflets.



Trafic
de Sandy Kouame, Côte-d'Ivoire, 2 minutes

Spontanément, un homme régule la circulation d'un carrefour embouteillé. Au milieu des engins mécaniques qui structurent le paysage urbain il tente d'apporter sa contribution afin d'aider les voitures à circuler. Un format court, produit par une jeune réalisatrice, qui propose un regard sur la réalité concrète du travail. Une forme qui réussit à mêler esthétique et humour, tout en rendant compte de l'agencement et de l'aménagement des villes. 
 


Taxi Sister de Theresa Traore Dahlberg, Suède, 30 minutes

Conductrice de taxi, une femme lutte pour son indépendance. Elle se heurte au machisme des hommes qu'elle rencontre et aux pensées conservatrices de sa famille. Pour elle, pas question de dépendre d'un homme, ni financièrement, ni affectivement. Ce film englobe le spectre des différences pronfondément marquées entre hommes et femmes, ainsi que la difficulté à revendiquer une posture de femme émancipée des coutumes et des traditions, dans la ville de Dakar au Sénégal.
 


Ouagadougou, ouaga deux roues d’Idrissa Ouedraogo, Burkina Faso / Suisse, 16 minutes

Ouagadougou, capitale du Burkina-Faso, est à la croisée de plusieurs anciennes routes commerciales. Autrefois surnommée “banco ville”, c'est à dire ville en terre séchée, elle ressemble davantage à un bourg de campagne qu'à une mégalopole. Ici, un enchevètrement d'habitats et surtout de deux roues, qui témoigne d'une circulation incessante, et plus largement de la mobilité et de l'organisation de la ville.


Mbi na Mo (Toi et moi) de Rafiki Fariala, République centrafricaine, 27 minutes

Plus intime, ce court métrage s'immisce dans la vie d'un jeune couple habitant ensemble dans un petit une-pièce de Bangui. Ils parlent d'amour et rêvent d'une vie semblable aux séries américaines. Mais leur fragile équilibre ne tarde pas à être mis à rude épreuve face aux problèmes financiers. L'inquiétude se fait alors ressentir au sujet des frais d'hôpital en vue de la naissance du bébé. 
 

Léa Drevon