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Festivals
19/07/2019

Le FID Marseille a rendu son verdict !

La 30e édition du FID Marseille s'est terminée le 15 juillet en dévoilant un palmarès riche de découvertes.

Attribué par un jury présidé par Sharon Lockhart et composé de Cecilia Barrionuevo, Richard Billingham, Delphine Chuillot et Katsuya Tomita, le Grand prix de la compétition internationale a été remporté par le documentaire Nunca subí el Provincia du réalisateur chilien Ignacio Agüero.

                      
      Nunca subí el Provincia d'Ignacio Agüero, 2019                                        Como me da Gana II d'Ignacio Agüero, 2017 

Pour qui connaît l’œuvre singulière du cinéaste, qui fut déjà récompensé du Grand prix pour son précédant film Como me da la Gana II (au FID 2017), il n’y aura pas de surprise à constater que son nouvel opus tourne autour de l'intime, du privé et de l'autobiographique. Le titre, “Jamais je n’ai gravi la Provincia”, indique cette montagne aux abords de Santiago qui circonscrit un quartier, un espace familier qui délimite l'existence même du réalisateur. La caméra ne se lasse pas de répéter les mêmes panoramiques, entre stabilité et changements opérés par le passage du temps. 

Qu'est-ce qui nous divise et qu'est-ce qui nous maintient ensemble ? Ce sont les axes interrogés dans le film de Clemente Castor, Príncipe de Paz, qui a remporté la mention spéciale.

Le jury de la compétion française, (présidé par Agathe Bonitzer et composé d'Andrés Duque, Valérie Manteau, François Martin et d'Helena Wittmann) a décerné le Grand Prix au film de Jean-Marc Chapulie, La mer du milieu, diffusé en première mondiale.

En hommage au fameux Méditerranée (1963) de Jean-Daniel Pollet, le réalisateur fabrique un film dédié à cette mer, tout en intégrant le postulat de la surveillance quasi totale de l’espace public. Jean-Marc Chapoulie filme les yeux qui enregistrent en continu les paysages et les actions qui s’y déroulent, à l'aide d'images trouvées sur internet issues de caméra de surveillance placées face à la mer Méditerranée. Il retouche les plans en modifiant couleurs et sons, puis en ajoutant des récits en voix off qui offrent une dimension nouvelle... Nous sommes conviés à un voyage, sur une mer de paroles, qui questionnent une part des incohérences avec lesquelles nous vivons.

La compétion française fait exception en désignant deux mentions spéciales, pour les premières mondiales How Glorious it is to be a Human Being de Mili Pecherer, une mystérieuse méditation sur le chemin de la délivrance ; ainsi que Danses macabres, squelettes et autres fantaisies de Pierre Léon, Rita Azevedo Gomes et Jean-Louis Schefer, une enquête documentaire à six mains pour une histoire qui emporte les vivants.

                  
                How Glorious it is to be a Human Being                                                 Danses macabres, squelettes et autres fantaisies

Pour le Prix Georges de Beauregard, international et national, ont été désigné Who is Afraid of Ideology ? de la réalisatrice Marwa Arsanios, et Chanson triste de Louise Narboni. Comme l'a souligné Jean-Pierre Rehm, délégué général du FID Marseille, cette 30e édition comporte son lot d'inquiétudes et de découvertes. C'est le cas avec ces films qui interrogent les frontières, les déplacements, ou encore la migration des peuples. 

                  
     Who is Afraid of Ideology ? 2019, Liban, Kurdistan, Syrie                                                     Chanson triste, 2019, France

Des films courts viennent se mêler au palmarès, avec Holy Days de Narimane Mari, qui raffle le Prix du Centre National des Arts Plastiques ; Raposa de Leonor Noivo, qui obtient les mentions spéciales du Prix Marseille Espérance et du Prix Georges de Beauregard (international) ; Des images que j'ai trouvées de Francis Brou, pour la mention spéciale du Prix Georges de Beauregard (national) ; et enfin Tenzo de Katsuya Tomita qui obtient le Prix Air France attribué par le public.

                                                        Holy Days, 2019 (France, Algérie)                                                                       Raposa, 2019 (Portugal) 

                        
            Des images que j'ai trouvées, 2018 (France)                                                        Tenzo, 2019 (Japon)

Léa Drevon

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