Revenir aux actus
En salles
16/05/2019

“Tous les dieux du ciel”, thriller rural horrifique et fantastique français

C'est peu de dire que le premier long métrage du dénommé Quarxx, en salles cette semaine, sort des sentiers battus. Mais ceux qui avaient vu “Un ciel bleu presque parfait” pouvaient s'en douter...

Les aficionados du film de genre, et surtout du bizarre, l’attendaient depuis un bon moment, puisque l’annonce avait été faite, à l’été 2017, d’un “rallongement” par son réalisateur, Quarxx, de son court métrage primé dans de multiples festivals internationaux : Un ciel bleu presque parfait.

Derrière ce pseudo énigmatique, à la fois futuriste et évoquant, en tout cas dans la sonorité, la matière minérale des montres du dernier cri pour qui avait dix ans en 1980, se profile une personnalité assez insaisissable, celle d’un artiste-peintre et photographe ayant tourné pas mal de courts métrages autoproduits et évolué dans le secteur du cinéma, dans diverses productions, avant de collectionner les sélections – Sundance, Clermont-Ferrand, Gérardmer, L’Étrange festival, Court métrange à Rennes, etc. – grâce à son moyen métrage, pour le moins étrange et parfois délectablement malaisant.

Difficile de réellement définir ce qu’était le film, axé autour d’un quadra plutôt perturbé vivant dans une baraque délabrée, en pleine cambrousse, avec sa sœur cadette, handicapée depuis un accident lui ayant, dans leur enfance, dégommé la moitié du visage… Le gugusse, comme pour expier sa culpabilité, s’occupait au mieux de sa frangine légumisée (jouée par Melanie Gaydos, modèle américaine affectée d’une dysplasie ectodermique, maladie génétique rarissime), au point de lui glisser sous les draps un gigolo recruté – en lui taisant la réalité – sur internet…

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 


Ajoutons une mystérieuse ombre cosmique – extraterrestre ? – planant sur la folie latente de l'inquiétant péquenaud, bien décidé à ce qu’on le laisse en paix, enquête des services sociaux ou pas… L’ambition plastique et l’ampleur narrative du projet demeure du court au long métrage, mais il apparaît assez évident que, comme pour tant d’autres expériences similaires ayant précédé, ce qui reste comme la meilleure part correspond à ce qui constituait le court, les nouvelles scènes étoffant ce noyau dur étant souvent moins convaincantes, sinon parfois dispensables.

Mais ceux qui découvriront Tous les dieux du ciel en ne connaissant pas le court métrage “originel” auront moins de réserves, sans doute, pour entrer dans l’atmosphère de ce qui pourrait bien devenir un film-culte dans les arcanes du fantastique et de l’insolite.

Christophe Chauville


Filmographie courts métrages de Quarxx 

Rasta Kamikaze Bang-Bang (2009, 25 min)
Dirty Maurice (2011, 27 min)
Zeropolis (2012, 35 min)
Nuit noire (2013, 28 min)
Un ciel bleu presque parfait (2016, 36 min)

À lire également :
Présentation de Court métrange 2018, à Rennes
Présentation du PIFFF 2018