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En salles
21/09/2019

L'été de nos 12 ans : “Ma folle semaine avec Tess”

Au cinéma cette semaine, ce premier long métrage s'adresse aux jeunes publics et poursuit le travail effectué désormais sur la fiction en prises de vue réelles par les Films du Préau.

Pour son premier long métrage, Ma folle semaine avec Tess, le Néerlandais Steven Wouterlood, déjà l'auteur d'une demi-douzaine de courts, a adapté un roman éponyme d'Anna Woltz (publié chez Bayard jeunesse) et sa proposition s'adresse prioritairement aux publics pré-adolescents, s'inscrivant dans le registre de la chronique estivale où, au sortir de l'enfance, on acquiert un peu d'autonomie par rapport à ses parents et où l'on connaît ses premières aventures et expériences individuelles, tout à la fois exaltantes et initiatiques.

La dimension sentimentale y a droit de cité, certes, mais sans excès, et c'est tant mieux : si Sam est fasciné d'emblée par Tess, cette fille intrépide aux jambes de sauterelle qu'il croise sur cette île de la Mer du Nord où il est en vacances en famille, le film ne se résumera pas à une simple bluette les rapprochant peu à peu jusqu'à un premier baiser attendu.

L'ambition du film est plus élevée et sa narration mêle intelligemment les angoisses de Sam qui, à onze ans, pense souvent à la mort – celle des autres, qui pourraient le laisser seul et livré à lui-même – et le drame intime de Tess, qui est en recherche obsessionnelle de son père, à l'insu de sa mère frivole, et croit bien avoir retrouvé sa trace, au point de vouloir l'attirer dans les environs...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Il y a beaucoup de densité et de rythme dans le récit et la mise en scène s'en fait parfaitement l'écho, dans les pas de deux jeunes interprètes toniques et appliqués, nous rappelant que ce territoire de cinéma, peu abordé en France par la fiction, a déjà donné de belles réussites pour les cinématographies d'Europe du Nord, voir Little Bird de Boudewijn Koole, production de 2012 également venue des Pays-Bas. Et les Films du Préau, dont on n'a plus à présenter la qualité du travail éditorial sur les programmes de courts métrages d'animation à destination des plus jeunes (comme Jacob et les chiens qui parlent, à venir début octobre), confirme la nouvelle orientation de plus prise en 2018 par le biais de la sortie du très joli Reine d'un été de l'Allemande Joya Thome, dont nous avions dûment rendu compte, y compris à l'occasion de son édition DVD. 

Christophe Chauville
 

À lire aussi :

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- Une petite perle de l'enfance au cinéma : La belle.