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En salles
11/09/2019

3 questions à Jean-François Laguionie, à l'occasion de la sortie du programme “Les mondes imaginaires...”

L'un des grands maîtres de l'animation française et internationale sera particulièrement à l'honneur cet automne, à travers plusieurs sorties et événements.

Quel regard portez-vous aujourd'hui sur le court métrage ?

Le court métrage m’est dès les années 1960 apparu comme le meilleur moyen pour raconter une petite histoire. Je suis en effet plus un “raconteur” qu’autre chose et le format court a toujours permis à mon imaginaire de se déployer de manière plus libre que si je m’étais mis en tête d’aborder des durées plus étendues.

Tout commençait par de simples idées de situations ou des clins d’œil, volontiers absurdes. J’ai ressenti un besoin d’aborder une temporalité plus longue avec La traversée de l’Atlantique à la rame, qui retrace toute la vie d’un couple et dure une vingtaine de minutes. C’est alors que m’est venu tout naturellement l’envie d’approfondir mes personnages, de les faire évoluer en prenant davantage de temps.

Mais ce sont toujours les histoires qui viennent d’abord, et que j’écris sans forcément penser en faire des films. Certaines en prennent peu à peu la forme, dans ma tête, puis sous la pointe de mon crayon...

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Concrètement, l'étape de écriture précède donc toujours chez vous celle du dessin ?

Par rapport à ce programme réunissant sept de mes courts métrages, Les mondes imaginaires…, je peux seulement dire que je suis plutôt un intuitif, je ne me rappelle jamais très précisément comment j’ai écrit tel ou tel film… Mais il est sûr que certains étaient directement liés à un rêve que j’avais fait dans la nuit, comme pour Une bombe par hasard. Je notais tout dans un petit carnet, c’étaient de brèves nouvelles de trois à dix pages et un projet pouvait en sortir, mais j’étais plus un dessinateur qu’un écrivain et en deux ou trois coups de crayon, j’ouvrais une fenêtre vers un possible film d’animation.

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Comment avez-vous accueilli l'initiative de L'Agence du court métrage de diffuser en salles ce programme complet Les mondes imaginaires... ?

J’ai toujours eu le désir d’élargir le public de mes films au-delà des festivals d’animation et de leurs spectateurs avertis, c’est pourquoi je suis heureux de cette initiative de diffusion de mes courts métrages sous forme de programme complet, où je m’aperçois que des thématiques comme celles de l’Autre, de la différence, de la solitude ou du masque reviennent régulièrement, ce dont je ne me rendais pas forcément compte à l’époque !

Propos recueillis par Christophe Chauville

 

Le programme Les mondes imaginaires de Jean-François Laguionie sera distribué à partir du 2 octobre par L'Agence du court métrage, tandis que son premier long métrage, Gwen et le livre de sable (1984), sera réédité à la même date en version restaurée par La Traverse et qui a en outre été récemment édité en livre-DVD par le label, en partenariat avec les éditions de l'Œil.

La sortie de son nouveau long métrage chez Gebeka Films, Le voyage du prince, coréalisé avec Xavier Pichard, est prévue pour le 4 décembre prochain.

 

 

 

À voir aussi :

- Plage privée, un court métrage en prises de vues réelles de Jean-François Laguionie, en ligne actuellement sur Brefcinema.

À lire aussi :

- Les nouveaux livres-DVD des Éditions de L'Œil.