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L'enfance d'un chef J-97

Antoine de Bary

  • 2016 , 15 minutes
  • Fiction
  • Production : Iconoclast
  • Interprétation :
    • Felix Moati
    • Thomas Blumenthal
    • Vincent Lacoste
  • Courts d'aujourd'hui
  • Musique originale
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  • Sélection Télérama

// Synopsis

Vincent, jeune comédien en pleine ascension, se voit confier le rôle de Charles de Gaulle jeune dans un “biopic”. C'est le moment que choisissent ses parents pour partir vivre à Orléans...

// Biographie

Antoine de Bary

Antoine de Bary est né à Boulogne, au début des années 1990.

Dès la fin de ses études, il enchaîne les expériences sur des tournages et assiste notamment les réalisateurs Xavier Giannoli et Cédric Klapisch.

Il achève en 2016 son premier court métrage, L’enfance d’un chef, récompensé du prix Canal+ lors de la 55e Semaine de la critique du Festival de Cannes. Le personnage principal, un jeune comédien en pleine ascension, est de nouveau campé par Vincent Lacoste en 2020, dans le premier long métrage du réalisateur, qui est directement inspiré du court : Mes jours de gloire. Le film, dans lequel on reconnaîtra également Emmanuelle Devos et Noée Abita (repérée dans Ava de Léa Mysius), est en salles depuis le 26 février.


// La critique

Quatre ans après sa sélection à la Semaine de la critique à Cannes, L’enfance d’un chef d’Antoine de Barry semble plus que jamais être l’instantané d’une génération et d’une époque, entre comédie post-adolescente et regard quasi documentaire sur un jeune homme du XXIe siècle. Vincent Lacoste y incarne en effet un acteur à succès choisi pour interpréter le Général de Gaulle (le fameux “chef” du titre) dans un long métrage sur sa jeunesse. Dès l’ouverture, un lent panneautage sur Paris nous amène vers le personnage, debout sur son balcon, en train de répéter son rôle. La voix enregistrée de l’homme politique se mêle à celle du jeune comédien, qui essaye maladroitement d’en adopter les intonations. C’est comme si cette simple séquence résumait à elle seule tout le film : un moment de basculement entre adolescence et vie adulte, juste avant de s’élancer dans l’existence.

En germes, on trouve déjà dans L’enfance d’un chef tous les ingrédients qui, subtilement recomposés, ont donné par la suite Mes jours de gloire, premier long métrage ambivalent d’Antoine de Barry, sorti en février 2020. Il y a le trio d’amis, le biopic sur de Gaulle réalisé par un cinéaste allemand très soupe au lait, le poids de la psychanalyse, la place importante de la mère, les interrogations sur sa propension à exprimer ses émotions... Mais là où Mes jours de gloire bifurque vers un portrait plus introspectif qui vient questionner la masculinité, L’enfance d’un chef en est comme le versant lumineux, qui dépeint en quelques séquences minutieuses et précises ce moment de flottement dans l’existence du personnage en train de changer. Vincent découvre ainsi les joies de la vie en solo : cuisine, courses et lessives, sans jamais se départir de son ironie nonchalante et de son auto-dérision, sources de répliques percutantes et de dialogues irrésistibles.

De manière générale, le film frappe par son sens du rythme, accentué par un montage ultra-dynamique jouant sur les ellipses et les enchaînements, donnant l’impression que les scènes se répondent les unes aux autres sans le moindre temps mort, et créant par leur juxtaposition souvent cocasse un niveau de lecture supplémentaire. Il y a ainsi le premier degré d’un récit qui va à cent à l’heure, et le sous-texte implicite de la fin annoncée d’une certaine forme d’insouciance. Entre les deux, Antoine de Barry tient finement le cap, et parvient avec une conclusion qui évite toute mièvrerie à apaiser les doutes de son personnage et, surtout, à préserver la part d’enfance qui refuse de mourir en lui.

Marie-Pauline Mollaret

Réalisation et scénario : Antoine de Bary. Image : Nicolas Loir.  Montage : Kim Vi Van
et Frédérique Olszak Olszewski. Son : Mathieu Rathelot et Laurent D'Herbécourt. 
Musique originale : Ulysse Cottin. Interprétation : Vincent Lacoste, Félix Moati et 
Thomas Blumenthal. Production : Iconoclast.

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