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Girl in the Hallway J-128

Valerie Barnhart

  • 2019 , 10 minutes
  • Animation
  • Production : Valerie Barnhart
  • Interprétation :
    • Jamie DeWolf
  • Documentaires
  • À la une
  • Animation
  • Musique originale

// Synopsis

Un homme témoigne des circonstances qui entourent la disparition d'une enfant et porte avec difficulté le lourd poids de son silence et de son inaction.

// Biographie

Valerie Barnhart

Valerie Barnhart est une artiste plasticienne canadienne diplômée en arts visuels de l’Emily Carr Institute of Art and Design de Vancouver. Elle s’intéresse à la politique de décolonisation et l’art non occidental, sa pratique interdisciplinaire s’articulant autour de la dynamique du silence et de l'inaction comme forme de violence.

Elle signe avec Girl in the Hallway son premier court métrage d’animation, autoproduit et qui lui permit de se confronter directement à la pratique sur la phase de fabrication. Le film, fabriqué sur une durée de trois années, relate un fait divers réel, la disparition d’une fillette survenue en 1999 à Vallejo, en Californie, dont Jamie DeWolf, auteur de la voix-off du film, fut le témoin.

Récompensé du Prix Festivals Connexion au Festival du film d’animation d’Annecy 2019, Girl in the Hallway a été présenté dans la foulée à Ottawa, Palm Springs, Stuttgart et, l’année suivante, Clermont-Ferrand.


// La critique

Et si le slam était la version moderne du conte ? C’est le parti pris de Girl in the Hallway que de faire déclamer par l’artiste Jamie Dewolf l’histoire horrifique de l’enlèvement de la petite Xiana Fairchild en 1999. Le poète et slameur se livre à une véritable performance de bonimenteur, scandant d’une traite, à la première personne, ce récit édifiant qui incarne la hantise de tout parent : ne pas savoir protéger la vulnérabilité enfantine, privilégier son propre cocon aux dépens de la société. Trop occupé à veiller sur son propre bébé, ce témoin direct des faits n’a pas su empêcher la disparition de sa jeune voisine de sept ans.

Le récit s’appuie sur le conte du Petit Chaperon rouge pour raconter un cauchemar moderne, celui du tueur Curtis Dean Anderson, chauffeur de taxi qui sévissait dans les quartiers pauvres de Vallejo en Californie et qui est l’auteur de plusieurs enlèvements et meurtres d’enfants. Les années de la jeunesse du narrateur au cours desquelles se produisent les événements ressemblent à un passé lointain. La Californie qu’il habite alors est un royaume de misère, de maladie, de vice et de dangers. Tout est là pour transposer ce fait divers sordide en conte moderne. Au récit de cette émotion singulière correspond celui fait de l’affaire par les journaux de l’époque. L’irruption de publicités, d’affiches de l’époque contraste avec la dimension atemporelle des figures de croquemitaines qui peuplent les dessins de Valérie Barnhart, artiste visuelle dont Girl in the Hallway est la première réalisation. Ces différents modes de récits passionnels trouvent un écho dans l’animation : la frontalité de la rue où se sont déroulés les faits se perd progressivement dans l’épaisseur des papiers découpés, dans l’épaisseur des matériaux utilisés. Les motifs se fondent dans la labilité du sable et de ses tons ocres, d’où ne ressort que le rouge de la robe de Xiana, petit chaperon des temps modernes.

Raphaëlle Pireyre

Réalisation, animation et montage : Valerie Barnhart. Scénario : Jamie Dewolf. Son : Pat Miller.
Musique originale : Alex Mandel. Interprétation : Jamie DeWolf. Production : Valerie Barnhart.

// Bonus

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